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RETOUR SUR L’ANNEE 2016 AU PARLEMENT

Cette année 2016 aura été éprouvante à bien des égards. Je pense notamment aux terribles attentats qui ont marqué la Belgique et bien d’autres pays, plongeant le monde dans une sorte de panique. Je ne peux qu’avoir une pensée émue pour toutes les familles qui ont été touchées, de près ou de loin, par ces catastrophes, par ces drames humains.

 

Dans un autre style, je ne pourrai oublier le drame social qu’a connu ma région, ma ville, Charleroi et l’un de ses fleurons, l’entreprise Caterpillar. La fermeture annoncée du site de Gosselies par le géant américain a mis sans dessus dessous le paysage social carolo. Qu’allait-on faire pour éviter ce bain de sang social ? Quelles solutions pouvons-nous trouver ? Voici tant de questions qui restent encore en suspens à l’heure actuelle, loi Renault oblige. Depuis le début des soucis en 2013, je suis le dossier de près et nous nous battons au Parlement afin de trouver les solutions nécessaires.

 

Mais cette année 2016 a également été marquée par toute une série de réformes en matière de Justice. Dès le début, le Ministre s’est lancé dans une course contre le temps. « Il faut moderniser afin de faire passer la Justice dans le 21e siècle grâce à un triple saut », disait-il ! Nous avons fini par comprendre ce que cela signifiait pour lui. Il avance à un rythme effréné. C’est la course ! On réforme à tour de bras parfois en zappant les auditions des professionnels du secteur, pourtant extrêmement importantes. Trop souvent nous avons dû le répéter : « ne confondez pas vitesse et précipitation » ! Qu’importe, il n’en fait qu’à sa tête.

 

Concernant la prison, entre les professionnels et le Ministre, il y a un gouffre. Les grèves qui ont marqué cette année 2016 en sont le reflet le plus criant ! La situation en prison est invivable et l’Etat a d’ailleurs été condamné à de nombreuses reprises par la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Il faut prendre le taureau par les cornes une bonne fois pour toutes et atteindre les objectifs fixés pour permettre un emprisonnement qui respecte la dignité humaine. La prison doit être plus adaptée aux besoins des prisonniers. L’intention est louable voire indispensable tant nos prisons sont dans un état épouvantable. Néanmoins, et c’est là que le bât blesse, la Justice manque de budget et les prisons sont durement touchées par ce manque de moyens. Il manque cruellement de gardiens de prison et le Ministre semble encore vouloir réduire leur nombre. Le personnel pénitencier est à bout ! Ce qui est grave, c’est que ce budget ne permettra pas au Ministre de respecter le protocole d’accord qu’il a signé avec les syndicats à la suite de la grève. Comment vont réagir les prisonniers et les gardiens si le contrat signé avec le Ministre n’est pas respecté et si les conditions de vie et de travail ne s’améliorent pas ? La question reste ouverte et j’espère de tout cœur que des solutions seront trouvées dans le courant 2017.

 

Le Ministre prône, sous couvert de bonnes intentions, une justice à deux vitesses. Une Justice réservée aux riches ! Oui, il sera de plus en plus compliqué, pour le citoyen moyen ou défavorisé, d’accéder à la Justice alors qu’il s’agit d’un droit fondamental. Les mesures proposées par ce gouvernement, qui ne pense qu’à faire des économies, vont dans le sens d’un éloignement entre la Justice et le citoyen. Moins de lieux d’audience, plus de complexité dans les procédures, plus de frais à payer pour l’aide juridique…les exemples sont trop nombreux.

 

En résumé, cette année 2016 est, pour vous, citoyens, un recul de vos droits les plus fondamentaux. A côté de la politique carcérale du gouvernement, les mesures, toujours en défaveur des plus démunis, prisent par le gouvernement vont vous toucher. On parle de l’aide juridique qui ne sera plus vraiment gratuite, de la vie privée qui sera de moins en moins respectée, de l’accès à la Justice qui sera de plus en plus compliqué, de la détention préventive qui sera prolongée et j’en passe.

 

Chers citoyens, n’oubliez jamais que la Justice, aussi lointaine peut-elle vous paraître, peut vous toucher du jour au lendemain. Ce jour-là, il sera trop tard pour se dire que toutes les mesures prises par ce gouvernement de droite sont mauvaises pour la sauvegarde de nos droits fondamentaux. Défendons nos droits les plus fondamentaux. Je me bats, semaine après semaine, pour vous, pour moi, pour nous car je crois en une Justice accessible à tous et équitable.

 

Özlem