>


¡

Haut de page

Ç

= ( 0 )

Özen (PS): « Supprimons les prisons! »

Sud Presse*,

Mer. 01 jui. 2016, Page 4

 

Députée fédérale et échevine à Aiseau-Presles (Hainaut), la socialiste Özlem Özen a visité les prisons de Forest, Saint-Gilles, Jamioulx et Mons pendant la grève, afin de voir comment les détenus vivaient la situation. Elle qui connaît bien l’univers carcéral (elle est avocate) en est ressortie épouvantée. « La pire de toutes , c’est Forest » , dit-elle. « C’est la catastrophe ! Quand je suis entrée là, c’était pendant les fortes chaleurs, j’ai voulu vomir tellement l’odeur était insupportable. Et pourtant, je ne suis pas une princesse ! J’ai aussi vu courir des rats aussi gros que des chats ! Les seaux hygiéniques, placés dans des cellules de 9 m 2 où s’entassent trois détenus privés de douche pendant deux semaines, ne sont vidés qu’une fois par jour. Si on traitait des animaux comme cela, Gaia serait déjà dans la rue pour manifester ! »

50.000 € par an

La députée souligne les efforts des directeurs et du personnel non gréviste, qui parviennent « grâce à leur humanité » à rendre la vie plus supportable aux détenus, durant ces 5 semaines de grève.

Özlem Özen soutient les agents grévistes dans leurs revendications, mais elle va plus loin encore. « Il faut avoir le courage politique de le dire et je le dis : il faut supprimer les prisons ! Un détenu coûte à l’État 50.000 euros par an. Autant que cet argent serve à les former, à leur inculquer des valeurs, à leur apprendre un métier, à se lever pour faire quelque chose de leur journée… Actuellement, on les stocke comme des bêtes sans rien leur inculquer. La prison est devenue un endroit où l’on met tous les cas qu’on ne sait pas régler : les personnes en séjour illégal, les toxicomanes, les malades mentaux… » Cela veut-il dire qu’il faut libérer les 11.000 détenus du pays ? « Il ne faudra garder que les plus dangereux en prison, mais cela ne doit pas représenter plus de 10 % de l’ensemble. Et il faut leur permettre de travailler. Pour se racheter, se reconstruire, indemniser les victimes. Quasi tous les détenus sortiront un jour de prison. Alors, travaillons à leur réinsertion ».

F. DE H.

F. DE H. ■